Mission 2010

Dr Dominique LEMARCHAND et Sabrina FOURCADE

Rapport de mission AMFA du 6 au 17 décembre 2010. NGAPALI -MYIECK.

Arrivée le 07 décembre 2010 à Ngapali, à l’hôtel Sandoway Resort. Accueil chaleureux par les infirmières du dispensaire Thidar, The The, Soe Soe, et le médecin généraliste Dr Le Win. Visite du dispensaire, transport du matériel médical (40 kg), et aménagement de notre salle de consultation.

Exercice dans le Dispensaire Ngapali Sandoway du 08 au 17 décembre 2010.

Le maître mot des motifs de consultations était le prurit, que l’on sait dire en birman maintenant ! Beaucoup de prurigos, des membres surtout +++, mais aussi parfois plus étendus, au décolleté.
Pathologies infectieuses aussi fréquentes : gales, dermatophyties, parfois profuses. Les autres pathologies infectieuses étaient les pytiriasis versicolor, pyodermites (peu fréquentes), et candidoses unguéales (employés de l’hôtel). Nombreux cas de dyschromies type mélasma ou hyperpigmentation post inflammatoire, ou au contraire vitiligo.

Plusieurs cas d’acné, dont certaines sévères. Quelques pathologies moins fréquentes, eczéma, psoriasis, hémangiome, génodermatoses. Pas de pathologie tropicale évoquée ou suspectée, type lèpre, mycose profonde ou mycobactérie. Pas de biopsie effectuée. Les patients sont globalement plus propres et plus riches qu’à Myieck surtout dans les iles, les pathologies moins sévères, moins de surinfection, moins de cas dramatiques. Nous avons proposé des sérologies VIH à certains patients présentant un prurigo étendu et sévère. Celles qui ont été acceptées et faites se sont avérées négatives. Plusieurs consultations étaient à but esthétique.

Parmi les patients qui étaient à revoir, nous en avons vu un, qui était une suspicion de lèpre, en fait guéri sous traitement anti mycosique ; une autre dame avait une dermatose généralisée depuis l’enfance , biopsiée par BK = , revue, sans indication de traitement particulier.

Les infirmières Soe Soe et Thidar qui nous ont épaulées pendant nos consultations sont efficaces, compétentes et déjà bien formées en dermatologie, probablement grâce aux précédentes missions. Soe Soe est nouvelle au dispensaire, très dégourdie et a rapidement appris à diagnostiquer les pathologies les plus fréquentes et à les traiter.

Le dispensaire est bien organisé, les moyens sont bien plus importants qu’à Myieck ; il y a les médicaments appropriés aux pathologies, en quantité suffisante. Et les patients peuvent aller acheter certains médicaments quand ils en ont les moyens.

Malheureusement, les autorités ont refusé que nous allions exercer dans les autres dispensaires alentour, ce qui a été dommageable pour la population, même si l’AMFA se proposait de payer le transport aux patients le désirant. Notre activité s’en est aussi ressentie ; nous faisions 80 consultations par jour les premiers jours, une cinquantaine par jour à la fin.

Nous pensons qu’à Ngapali, les infirmières sont très compétentes et consciencieuses, le travail de formation est bien avancé (elles savent reconnaitre les pathologies fréquentes et les traiter de façon adaptée), et les missions dermatologiques peuvent être réévaluées, l’important étant de fournir régulièrement des médicaments. L’action peut être différente dans l’archipel de Myieck, avec un travail important de formation des infirmières, pour le suivi des patients et le traitement des pathologies fréquentes.

En ayant travaillé sur les 2 sites, les différences sont frappantes. A Myieck et dans les îles, les besoins sont énormes, les moyens sont encore insuffisants, l’éducation de la population à l’hygiène de base essentielle, la pauvreté édifiante. L’action est utile et peut être encouragée, avec plusieurs missions par an, des infirmières stables et intéressées par une formation à la dermatologie, des instituteurs impliqués pour sensibiliser dès le plus jeune âge à l’hygiène.

A Ngapali, la population est moins pauvre, les notions d’hygiène sont intégrées, les infirmières sont formées et autonomes, les moyens sont bien supérieurs, les besoins sont moindres, d’ailleurs des consultations esthétiques ne sont pas rares.