Mission 2011

COMPTE RENDU DE MISSION 2011 OUAGADOUGOU. Dr Anne Marie FAUVEL GAUBERTI et Catherine GIRARDIN-TORDEUR

 
Poursuite du soutien à la formation des auxiliaires de santé en exercice avec FASODERM / SOBUDEC

« Bonne arrivée ! » nous dit-on au BF, en guise de bonjour.
Arrivée un lundi soir (pour 15 jours) à l’aéroport de Ouagadougou ; il y règne toujours la même effervescence ! En cours de travaux depuis au moins un an, la délivrance des bagages est manuelle, il faut être patient…

Première déconvenue : j’ai l’habitude de faire mon visa à l’arrivée ; 15 euros, puis 20 euros l’année dernière, mais stupeur cette année : 145 euros !!
Il a bien fallu m’en acquitter…ou repartir. (cf modalités pratiques). Il faut dorénavant le faire en France , il est tout de même passé à 97 euros en quelques mois…

L’objectif de cette mission (accomplie) : faire un minimum de trois formations aux auxiliaires de santé (et médecins généralistes) à Ouagadougou, pour compléter les trois déjà effectuées avec Nicole Jouan en 2010. Cinq ou six seront encore nécessaires pour faire le tour de la capitale.

Cette année, j’étais accompagnée pendant une dizaine de jours par Catherine Girardin-Tordeur qui m’a vaillamment et agréablement soutenue,… en même temps qu’elle découvrait le BF : sa belle terre soulevée par l’harmattan qui dépose sans relâche son voile rouge brique sur vos cheveux, vos vêtements, vos pores, vos narines, vos CAE…, sa flore … discrète à cette saison, sa faune ’éléphantuesque’ à rechercher (Nazinga) et bien sur à découvrir absolument … ses habitants accueillants , dits « hommes intègres » , avec ses dermatologues émérites et compétents.

Nous avons assuré les formations avec le concours du Dr Georges Diatto, à l’aide d’un diaporama initié par Nicole Jouan selon l’expérimentation Malienne et que l’on adapte, peaufine ! au fil du temps avec l’expérience sur le terrain et des petites variantes personnelles.
Nous avons mis en commun des photos (et il faut continuer) car ce support est essentiel, nous le savons bien et c’est leur demande aussi. La qualité du vidéo-projecteur pour les photos est primordiale également. Et nous avons fait des démarches pour que cela soit assuré à l’avenir…

Déroulement d’une formation de 8h30 à 15h30/16h00 :

  1. présentations des participants/objectifs de la formation
  2. anatomie/physiologie cutanée
  3. lésions élémentaires, primaires et secondaires
  4. pause café/ viénoiseries (20 mn)
  5. thérapeutique
  6. Organigramme ( livret de formation remis aux présents)
  7. déjeuner (3/4 heure environ)
  8. révisions (quizz photos) questions
  9. émargement/gestion financière
    La motivation des enseignés ne fait pas de doute. La participation orale (interactivité) se fait petit à petit ; beaucoup de timidité et de manque d’assurance au début, ce que l’on peut comprendre. Il faut donc les soutenir, les guider, leur assurer qu’il n’y a pas de « pièges » dans les questions !
    C’est très gratifiant pour les formateurs (novice pour ma part) que nous sommes. Il reste à démontrer que nous sommes efficaces !

Par ailleurs, j’ai pu présenter d’autres collègues Burkinabés à Catherine et nous sommes allées également à l’hôpital de O. où nous avons fait une visite des patients hospitalisés. ( Pemphigus, leishmaniose généralisée …, souvent chez des malades séropositifs pour le VIH )

Notre séjour a coïncidé avec un colloque de trois jours sur le thème : « Population, développement et planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone : l’urgence d’agir », à laquelle assistait le Ministre de la Santé du BF et le Pr Adama TRAORE en tant que SG (Secrétaire Général).

« Le but de cette initiative commune est de contribuer à réduire d’ici 2015 le taux de mortalité maternelle et le niveau des besoins non couverts en planification familiale d’au moins 25% pour l’ensemble de la région d’Afrique de l’Ouest Francophone. » …(Cf le compte-rendu intéressant de ce colloque sur le site de DHF).


Autres points à améliorer et réflexions : l’organisation depuis la France

Il est difficile encore de programmer les jours de formation à l’avance depuis la France ; il y a toujours un temps « mort » sur place pour refaire les démarches administratives (rdv avec la Direction Régionale de la Santé (DRS) pour qu’elle convoque les infirmiers ; planning des médecins Burkinabés qui vont nous accompagner) ; ce qui est dommage car notre temps n’est pas extensible et les billets d’avion et le visa maintenant, coûtent cher.

Nous avons demandé à ce qu’enfin un des dermatologues (sans doute le Dr Diatto) soit responsable afin d’avoir un interlocuteur unique ; celui-ci se chargeant de contacter ses collègues disponibles et de joindre la DRS dès que nous nous serons mis d’accord sur des dates de séjour possible. (10 jours à 15 jours sur place... ou plus bien sur si l’on veut !)

Par ailleurs, je pense qu’il est un peu dommage pour un dermato français de venir si loin sans voir de patients, juste pour des formations. Il serait bien de pouvoir, par exemple, faire au moins une enquête de pré formation dans un dispensaire proche de la capitale, ce qui permettrait aussi de faire avancer ce travail parallèlement : pas facile sans doute mais possible !